DOCTEUR NACIR MOHAMED – CHIRURGIEN UROLOGUE

La sténose urétrale

La sténose urétrale est un rétrécissement de l’urètre, le canal qui transporte l’urine de la vessie vers l’extérieur, plus fréquent chez les hommes. Elle est souvent causée par des cicatrices résultant, d’infections de traumatismes ou d’interventions chirurgicales et peut entraîner un faible débit urinaire, une difficulté à uriner et, dans certains cas, des douleurs mictionnelles ou des infections urinaires à répétition.

Les symptômes de la sténose urétrale

Reconnaître les symptômes de la sténose urétrale permet de consulter son médecin rapidement pour établir le diagnostic. Ces signes cliniques peuvent se manifester brutalement ou devenir de plus en plus graves au fil du temps. Toutefois, il ne s’agit pas toujours de symptômes spécifiques à la maladie et ils peuvent être retrouvés dans le cadre d’autres troubles de l’appareil urinaire ou génital, surtout les maladies infectieuses, l’adénome de la prostate , maladie du col vesical ou les cancers urinaires et génitaux.

Lorsque le canal urinaire est rétréci, les urines ne peuvent s’écouler normalement. L’obstacle mécanique entraîne des difficultés à uriner et nécessite des efforts supplémentaires à la vessie sur une durée plus ou moins longue pour qu’elle puisse se vidanger complètement.

Symptômes courants de la sténose urétrale se traduisent par :

  • Difficulté et effort pour uriner : Il peut être nécessaire de faire un effort pour uriner, et une sensation de ne pas avoir complètement vidé la vessie peut survenir. 
  • Troubles du jet urinaire : Le jet peut être faible, faible et interrompu, divisé en deux (« bifide »), dévié, fin  ou commencer avec un retard. 
  • Douleur ou brûlure : Une sensation de brûlure ou de douleur lors de la miction, surtout au niveau de l’extrémité de l’urètre, est fréquente. 
  • Envies fréquentes : Vous pouvez ressentir un besoin d’uriner souvent, même si votre vessie n’est pas pleine (pollakiurie). 
  • Sang dans les urines : La présence de sang dans l’urine (hématurie) peut être un symptôme. 
  • Infections récurrentes : La sténose peut favoriser les infections des voies urinaires car l’urine ne s’évacue pas correctement. 
  • Gouttes retardataires : Des gouttes d’urine peuvent s’écouler après la fin de la miction. 
  • Écoulements : Dans certains cas, il peut y avoir des écoulements purulents provenant de l’urètre
  • Fuites urinaires : Des fuites peuvent survenir, notamment en cas d’effort, ou être de type incontinence par débordement. 
  • Des troubles de l’éjaculation : La sténose urétrale affecte aussi le sperme et peut se traduire par une hémospermie (sang dans le sperme) ou par une diminution de la puissance de l’éjaculation.

En l’absence de traitement, la sténose urétrale peut endommager l’appareil urinaire et entraîner des infections urinaires, une rétention urinaire, une vessie de lutte ou une dilatation du rein voir inssuffisance rénale.

Diagnostic de la sténose urétrale

Le diagnostic repose essentiellement sur la consultation médicale avec examen clinique et interrogatoire, et sur la réalisation d’examens complémentaires.

Généralement, l’urologue  demande la réalisation :

  • d’un ECBU, pour analyser la composition des urines ;
  • d’une débitmétrie pour analyser la miction et le jet urinaire ;
  • d’une urétrocystographie rétrograde et per mictionnelle sous anesthésie locale et injection de produit de contraste, pour observer la totalité de l’urètre, localiser de manière précise le rétrécissement et estimer sa longueur et son degré de sévérité, observer l’état de la vessie et de l’urètre en avant de la sténose ;
  • d’une urétroscopie sous anesthésie locale, pour visualiser l’extrémité distale du rétrécissement et juger de son importance.

Traitements de la sténose urétrale

Le traitement d’un rétrécissement urétral dépend de la gêne occasionnée et des caractéristiques de la sténose (localisation, importante, taille…).

L’équipe médicale peut proposer :

  • Une urétrotomie : pratiquée sous anesthésie, elle permet de sélectionner la zone rétrécie du canal depuis l’intérieur. Elle peut être réalisée au laser.c’est surtout pour des sténoses courtes.
  • Une dilatation itérative : réalisée au cabinet de l’urologue ou à domicile, elle consiste à soulager la symptomatologie sans traiter la cause.
  • Traitements chirurgicaux ouverts 

Urétroplastie : Chirurgie de reconstruction qui est le traitement de référence pour les sténoses complexes ou récidivantes. 

  • Technique : On retire la section rétrécie et on reconstitue l’urètre. Une greffe de tissu, souvent de la muqueuse buccale, est fréquemment utilisée pour reconstruire le conduit. 

Résection anastomose : Technique chirurgicale plus simple, réalisable sans greffe pour          certaines sténoses de l’urètre bulbaire.

  • Autres approches 

Auto dilatation : Peuvent être utilisées comme traitement palliatif chez des patients ne pouvant pas subir d’intervention chirurgicale. 

    Thérapies innovantes : Le plasma riche en plaquettes (PRP) est en cours d’évaluation pour aider à la cicatrisation et réduire le risque de récidive.