
Définition : cancer et tumeur de la vessie
La vessie est un organe musculaire creux situé dans la partie basse de l’abdomen et qui a pour fonction de stocker l’urine.
Le cancer de la vessie se développe le plus souvent dans les cellules urothéliales qui recouvrent la paroi interne de la vessie. Ce cancer touche majoritairement des patients au-delà de 70 ans. Mais il peut atteindre des personnes plus jeunes, en particulier gros fumeurs, ayant des expositions professionnelles ou industrielles ainsi que celles qui ont des prédispositions génétiques.

les tumeurs de la vessie sont classées en 2 catégories :
Tumeurs superficielle de la vessie ou tumeurs non infiltrante:
- A ce stade, il ne s’agit pas encore d’un cancer mais d’une tumeur qui se développent sur les couches les plus superficielles de la muqueuse de la vessie sans traverser sa paroi en profondeur, considérées comme plutôt de bon pronostic, posant le problème de leur récidive fréquente (50 à 60% des cas).
Le traitement à ce stade repose sur une intervention courte qui se fait en passant par la voie urinaire. Il consiste à retirer le polype pour analyse au microscope. Cette maladie impose un suivi très régulier car les polypes ont une forte tendance à repousser. Dans certains cas, pour diminuer le risque de récidive, à 1 mois de l’intervention initiale, on injecte dans la vessie un produit, en consultation 1 fois par semaine pendant 6 semaines. Ce produit a pour but de stimuler l’immunité de la vessie et de diminuer le risque de repousse tumorale.

Tumeurs infiltrante de la vessie :
tumeur de la vessie qui s’est installée plus profondément dans la vessie, jusqu’au au muscle de la paroi de la vessie, posant le problème d’une diffusion à distance, considérée comme grave.
A ce stade il s’agit d’un cancer de la vessie. Le traitement repose sur l’association d’une chimiothérapie et d’une chirurgie. La chirurgie consiste à retirer complètement la vessie. Dans ce cas, il faudra définir en fonction du patient et de sa maladie s’il est possible de reconstruire une vessie ou s’il faut réaliser une stomie. Cette intervention peut désormais être réalisée en chirurgie mini-invasive avec l’utilisation de coelioscopie.

Anatomie de la vessie
La vessie est un organe qui fait partie de l’appareil urinaire. Elle se situe au niveau du bassin et se compose de deux parties :
- le dôme vésical, qui constitue un réservoir entre chaque miction, lui-même constitué d’une couche externe de muscle lisse appelée détrusor et d’une muqueuse interne appelée urothélium ;
- le col vésical, qui retient l’urine par l’action du sphincter urétral et qui ouvre la vessie sur le canal de l’urètre.
Le rôle majeur de la vessie est de stocker la miction en provenance des reins jusqu’à l’évacuation de l’urine par l’urètre. L’écoulement est contrôlé par le sphincter urétral et acheminé depuis les reins par les uretères. Quand la vessie se remplit, les sphincters se ferment. Progressivement, la paroi vésicale s’étire avec le remplissage, provoquant des influx nerveux pour signaler l’envie d’uriner. Le détrusor se contracte et les sphincters s’ouvrent pour permettre à l’urine de s’écouler vers l’extérieur. Lorsque le processus est terminé, les sphincters se referment
Épidémiologie du cancer de la vessie
Le cancer de la vessie est 4° cancer chez l’homme. Il s’agit d’une maladie qui touche plus les hommes que les femmes, puisqu’on estime que le nombre d’hommes touchés par un cancer de la vessie est 3 à 4 fois plus élevé que le nombre de femmes atteintes. Incidence estimée : 8-12 nouveaux cas/100 000 habitants/an
L’âge moyen au moment du diagnostic souvent plus précoce (60-65 ans), même si la maladie peut apparaître à tout âge.
Les données épidémiologiques sont cependant à interpréter avec précaution. Elles sont soumises à des fluctuations en fonction de nombreux facteurs, comme les avancées en matière de dépistage et de traitement, les modes de vie et les facteurs de risque.
Cancer de la vessie: les facteurs de risque
L’origine d’un cancer de la vessie n’est pas clairement identifiée. Cependant, un certain nombre de facteurs de risque sont susceptibles de favoriser le développement de cette pathologie.
Les facteurs plus connus sont

- Le tabac facteur de risque majeur :
Responsable de 50% des cancers vésicaux chez l’homme
Responsable de 30% des cancers vésicaux chez la femme
Risque relatif multiplié par 3-4. Tabagisme passif : augmentation du risque de 20-30%
- l’exposition à certaines substances chimiques dans un contexte professionnel ;
- une radiothérapie dans la région basse de l’abdomen/du pelvis dans le cadre d’un précédent traitement ;
- une chimiothérapie par cyclophosphamide dans le cadre d’un cancer de l’ovaire, d’un adénocarcinome mammaire, d’un cancer bronchique à petites cellules, d’un lymphome malin hodgkinien ou non hodgkinien, d’un myélome multiple, etc. ;
- une pathologie tropicale appelée bilharziose urogénitale ;
- un traitement pour une tumeur urétrale ou une tumeur du bassinet.
Espérance de vie du cancer de la vessie

- L’espérance de vie pour le cancer de la vessie dépend fortement du stade du cancer au moment du diagnostic. Pour les tumeurs (superfitielles) non invasives, le taux de survie à 5 ans est très bon, dépassant souvent 80 à 90%.
- Cependant, pour les tumeurs (infiltrantes) invasives qui ont pénétré la couche musculaire de la vessie, le taux de survie à 5 ans est nettement plus faible, d’un peu moins de 50%.
- Le cancer de la vessie est un cancer qui a tendance à récidiver après sa guérison initiale puisqu’on estime que 50 à 70 % des patients touchés par une tumeur non invasive présentent une rechute de la maladie. Dans 10 à 30 % des récidives, la tumeur a commencé à se propager dans la couche musculeuse de la paroi vésicale au moment du diagnostic de la rechute. C’est pourquoi un suivi régulier au long court est mis en place chez les personnes touchées par un cancer de la vessie.
- S’il n’est pas pris en charge, le cancer de la vessie va se propager pour envahir la paroi de la vessie, puis les organes proches comme les ganglions lymphatiques, la prostate, les vésicules séminales, l’utérus, les ovaires, etc. Des localisations secondaires peuvent aussi apparaître (métastases) au niveau du foie, des poumons ou encore du cerveau.