Le cancer du rein est une pathologie assez rare. Plusieurs stratégies thérapeutiques peuvent être envisagées en fonction des caractéristiques de chaque tumeur et du profil du patient. La chirurgie urologique fait partie des traitements de référence pour soigner cette maladie.
Cancer du rein : les données épidémiologie
- il représente 2 à 3 % des cancers adultes dans le monde.
- Il touche 2 fois plus d’hommes que de femmes. L’âge moyen au moment du diagnostic est de 65 ans.
- Près de 50 % des cas sont découverts fortuitement, lors d’un examen d’imagerie.
- Son incidence est en augmentation, notamment dans les pays en voie de développement.
- Au Maroc, sa fréquence réelle est sous-estimée en raison du faible dépistage.
- Découvert à un stade précoce et localisé, le cancer du rein présente un bon pronostic.


Anatomie du rein

le rein peut être comparée à une usine de recyclage complexe et très efficace. Sa mission principale est de nettoyer le sang en en retirant les déchets (urée, acide urique, créatinine, résidus de médicaments…) Il permet aussi de réguler la pression sanguine, les minéraux (sodium, calcium, potassium…) et l’eau. Il sécrète également des hormones comme la rénine qui impacte le contrôle de la tension ou l’érythropoïétine (EPO) qui booste la production des globules rouges.
Le rein est un organe en forme de haricot. Il mesure près de 12 centimètres de haut sur 6 centimètres de large et 3 centimètres de profondeur. Il se divise en plusieurs zones :
- l’enveloppe externe protectrice que l’on appelle capsule ;
- le parenchyme rénal, une zone composée de millions de structures très petites (néphrons) qui assure le rôle de filtration du sang et de production d’urine ;
- Le bassinet et les calices, où l’urine est collectée dans un premier temps dans les calices, puis dans le bassinet pour enfin être acheminée par l’uretère ;
- la graisse périrénale qui, comme son nom l’indique, entoure l’organe ;
- Enfin, les glandes surrénales se situent au-dessus des reins.
Le trajet de l’urine
Pour résumer, voici le parcours de l’urine :
- Le sang arrive au rein.
- Il est filtré par les néphrons (glomérules).
- Le liquide filtré est trié dans les tubules.
- L’urine finale, concentrée en déchets, est envoyée dans des tubes collecteurs.
- Les tubes collecteurs se jettent dans des conduits plus larges, les calices.
- Les calices se rejoignent au niveau du bassinet.
- Le bassinet se connecte à l’uretère, qui transporte l’urine jusqu’à la vessie pour être évacuée.
Cancer du rein : les données épidémiologie au Maroc
L’épidémiologie du cancer du rein au Maroc présente des caractéristiques similaires aux tendances mondiales, avec une incidence qui a tendance à augmenter. Le manque d’études épidémiologiques spécifiques à l’échelle nationale pour le cancer du rein rend les données parfois fragmentaires.
Dans les registres régionaux, comme celui du Grand Casablanca. Le registre pour la période 2018-2021 indique une incidence plus élevée chez les hommes et un pic chez les adultes plus âgés (70-74 ans).
Découvert à un stade précoce et localisé, le cancer du rein présente un bon pronostic.
Symptômes du cancer du rein
Le plus souvent, les tumeurs du rein sont découvertes par hasard lors d’une échographie ou d’un scanner réalisé pour une autre raison. Elles sont alors le plus souvent de petite taille et ne provoquent aucun symptôme. Certaines tumeurs peuvent provoquer des saignements dans les urines.

Cancer du rein ou tumeur bénigne ?
Le plus souvent, le scanner et l’IRM permettent d’indiquer s’il s’agit d’une tumeur bénigne ou d’un cancer. Dans certains cas douteux on peut être amené à proposer une biopsie de la tumeur pour en connaître la nature.
Les kystes des reins sont une maladie très fréquente qui n’impose le plus souvent aucun traitement ni même aucune surveillance. Le scanner permet de classer les kystes du rein en différentes catégories (Classification Bosniak 1 à 4). Un traitement n’est recommandé que pour les kystes de type 3 ou 4 de la classification Bosniak.
Population à risque de contracter un cancer du rein
Certains facteurs de risque peuvent favoriser l’apparition d’un cancer du rein. Les personnes qui présentent un ou plusieurs de ces facteurs ne seront pas systématiquement atteintes d’un cancer du rein. La maladie peut aussi se développer chez les personnes qui ne présentent aucun de ces facteurs de risque.
Le tabac : facteur de risque du cancer du rein
Le tabac est un facteur de risque déterminant dans de nombreux cancers. Les personnes qui fument ou subissant un tabagisme passif sont plus à risque d’être touchées par un cancer du rein par rapport aux personnes qui n’ont jamais consommé de tabac. Le risque est estimé à une fois et demie plus élevé.
Les personnes fumeuses qui ont arrêté leur intoxication tabagique ont moins de risques de contracter la maladie par rapport aux personnes encore fumeuses. On estime en effet que le risque diminue de 25 à 30 % après une dizaine d’années d’arrêt du tabac.
Une anomalie génétique : facteur de risque du cancer du rein
Les patients porteurs de certaines anomalies génétiques spécifiques ont plus de risques de voir apparaître un cancer du rein. Il s’agit alors de formes héréditaires de la maladie. Cette particularité est plutôt rare dans les cas de cancers du rein puisqu’elle représente seulement 2 à 3 % des patients. Certaines atteintes prédisposent plus que d’autres, notamment les atteintes de gènes particuliers, ainsi qu’une dizaine de formes familiales différentes, comme la maladie de Von Hippel-Lindau (VHL).
ainsi qu’une dizaine de formes familiales différentes, comme la maladie de Von Hippel-Lindau (VHL).
L’obésité ou le surpoids : facteur de risque du cancer du rein
Les personnes présentant une obésité ou un surpoids ont aussi plus de chances de voir apparaître une pathologie cancéreuse, notamment un cancer du rein. Chaque augmentation de 5 kg/m2 d’IMC (indice de masse corporelle) par rapport aux valeurs estimées comme étant normales (comprises entre 18.5 et 25 kg/m2) fait augmenter le risque.
La dialyse sur le long terme : facteur de risque du cancer du rein
Les personnes traitées par dialyse depuis plus de trois ans ont plus de risques d’être touchées par un ou plusieurs kystes rénaux (on parle de maladie kystique ou de dysplasie multikystique). Cette pathologie augmente le risque de développer un cancer du rein, notamment le cancer tubulopapillaire qui représente l’un des types de cancers du rein les plus fréquents. Un suivi rapproché auprès d’un néphrologue est souvent mis en place chez ces patients afin de contrôler l’état des reins.
Les principaux types de cancer du rein
Il existe différents types de tumeurs rénales. Le plus courant est le carcinome à cellules rénales (CCR). Ce type de cancer rénal se forme à partir des cellules qui composent le revêtement des tubules du rein.
On distingue plusieurs sous-catégories de carcinomes à cellules rénales, dont les plus courants sont :
- le carcinome à cellules claires (70 à 80 % des cas de CCR)
- le carcinome papillaire du rein (second type le plus fréquent des CCR)
- le carcinome chromophobe du rein (qui présente un meilleur pronostic que certains autres types de cancer du rein)
- et les tumeurs rénales inclassables qui diffèrent des autres types de CCR et n’entre dans aucune sous-catégorie de CCR
Il existe aussi des formes plus rares de cancer du rein. C’est notamment le cas du :
- cancer du bassinet
- carcinome du tube collecteur de Bellini
- carcinome rénal kystique multiloculaire
- carcinome médullaire du rein
- sarcome rénal
- lymphome rénal primitif
tumeur de Wilms
Les principaux traitements du cancer du rein
Le traitement de référence est l’ablation de la tumeur par chirurgie.a notre disposition
et depuis de nombreuses années cette intervention est réalisée avec une technique mini-invasive coelioscopie. Au lieu de réaliser une large cicatrice, on pratique des incisions minimes de 5 à 10 mm, par lesquelles sont introduite une caméra et des instruments miniaturisés.
La néphrectomie élargie (ou radicale) par cœlioscopie est une
Intervention chirurgicale mini-invasive qui consiste à retirer le rein atteint d’une tumeur, en même temps que la glande surrénale, les tissus graisseux qui l’entourent et les ganglions lymphatiques adjacents. Cette approche est aujourd’hui la référence pour le traitement chirurgical des cancers du rein localisés ou localement avancés.
La néphrectomie partielle par cœlioscopie est une
intervention chirurgicale mini-invasive qui consiste à retirer uniquement la tumeur rénale en préservant le reste du rein. Cette technique, également connue sous le nom de chirurgie conservatrice du néphron, est l’approche de référence pour le traitement des petites tumeurs du rein, notamment celles de moins de 4 cm.